Quand Noël devient une épreuve

Tous les ans, depuis 27 ans, on fête Noël en famille.
Enfin, avec mon chéri, mes enfants et les parents de mon chéri.
Tous les ans, la famille de mon côté reste de leur côté.
C’est comme ça.

Mes parents étaient divorcés depuis mes 13 ans…
Ma soeur est une personne qui ne pense qu’à elle et m’a fait beaucoup de mal.
Mon frère est un escroc qui lui aussi m’a fait beaucoup de mal
Ma mère et mon père ont toujours préféré ma sœur aînée.
Mariée, un enfant, un vrai job. Elle rentrait bien dans le moule de la réussite sociale.
Mon frère malgré ses frasques d’escroc était apprécié car il avait de l’argent (malsain).
Donc il offrait beaucoup de choses à mes parents. Il achetait leur amour et eux tombait dans le panneau.
Bref… je ne raconte pas tout, y’aurai de quoi écrire un roman à la « Dallas » ou avec autant d’épisodes que dans « les feux de l’amour » … bref j’ai une famille de merde !

Depuis que je suis avec mon chéri, on fête Noël avec ses parents.
Une fois on l’a fait avec sa soeur, son mari et ses enfants… Une fois… Pourquoi pas plus ?
Bonne question… Les rapports étaient plutôt tendus entre eux. On n’a pas réitéré.
Aujourd’hui les rapports sont plus sereins…ouf !

Et puis en juillet le ciel nous est tombé sur la tête. Alors que nous venions d’arriver en Corse pour les vacances, mon beau père, Nono, nous a appelé pour nous dire qu’il avait les résultats de ses examens.
Ce n’était pas de « l’apné du sommeil » qui le fatiguait, comme nous le pensions, mais un putain de cancer.
Le pire. Le pancréas.
On le sait, c’est le pire.
Celui qui a emporté ma mère en 2014 en deux mois.
On le sait qu’il est mortel, mais on veut croire qu’il va s’en sortir parce que Nono c’est un battant.
Je veux le croire parce que j’en ai marre de perdre des êtres chers à cause du cancer.

En 28 jours, Nono nous a quitté.
Serein.
Il nous a dit être content de la vie qu’il a eu. Un beau mariage, de beaux enfants. Des petits enfants dont il était fier, un patrimoine pas dégueu à laisser en héritage.
Il n’avait pas peur.
Il était fatigué de se battre.
Il a refusé la chimio, il se savait trop faible. Il a écouté son corps pour ne pas souffrir plus.

Maintenant on fait sans Nono. Et faire sans Nono c’est hyper dur.
Il était notre source d’informations, Notre encyclopédie.
Toujours un mot d’humour. D’ailleurs souvent ses jeux de mots étaient pourris et ça le faisait rire.
Il inventait des histoires pour les enfants qui s’en souviennent encore.
Du genre : Comment on fait pour trouver les lions dans le désert ? On passe le sable dans une passoire, ce qui restera ce sera les lions…
A faire croire aux enfants que qu’il y’a plusieurs Paris… et que c’est pour ça qu’il y’a un S…
Bref, pourris mais on se marrait quand même.

Il aimait ma cuisine, il aimait mes cocktails.
On avait l’amour de la photo en commun. Il aimait les reportages que mon père avait fait.
C’était un gros bisounours en fait.
Il n’aimait pas les embrouilles de famille. Il essayait toujours de calmer les choses, de minimiser les histoires pour rester en contact avec tous.
Quelques soient les défauts, les torts, les faits…
Il avait une grande culture cinématographique. Et aimait aussi des films de merde. Enfin que nous on trouvait de merde…
Il avait une sale habitude… Il spoilait la fin du film.
Parce qu’il nous pourrissait les suspens,  on en avait fait un « gimic » : » A la fin il est mort ! »
A l’hôpital, ma fille lui a dit : Même ta propre fin, tu nous l’as spoiler… !

C’est un chouette bonhomme qui est parti. Un vrai beau père gentil.
Bon il avait aussi ses défauts mais on n’en parle pas.
On ne garde que le bon, que le bien.

Tout ça pour dire que depuis 27 ans, les fêtes de Noël se passent chez nous.
Mais cette année ça va être compliqué.
Beaucoup de souvenirs vont être présents et surtout son absence va nous peser.
Alors on fait quoi ?
On ne fait plus Noël parce qu’il nous manquera toujours ?
On fait quelque chose de différent ? Mais quoi ?
On arrête de faire ce qu’on aime parce qu’il est parti ? On en fait plus les anniversaires ?
Il nous a fait la méchante blague de partir le jour de notre anniversaire de mariage à mon chéri et moi…
On ne s’accorde plus le droit de se voir en famille et essayer de vire ses moments heureux ?
Il n’aurai pas voulu ça, j’en suis certaine.

Et puis comme dit le proverbe, la vie continue.
Cela n’empêche pas le manque, la mélancolie par moment.
Je n’ai plus mes parents. Mais je continue de vivre. J’essaye de ne garder que les bonnes choses que j’ai pu avoir avec eux.
Bon c’est pas évident j’avoue, c’est un plus compliqué à gérer… les dates anniversaires, les NON présences à Noël, les NON appels téléphoniques, les NON visites, les NON intérêts qu’ils ont portés à moi et mes enfants…
Je case ça dans un tiroir de ma tête et je ferme.

Alors, si j’y suis arrivée pour mes parents, je devrai réussir pour Nono. Et faire que mon chéri et mes enfants réussissent aussi non ?

Voilà, c’était le moment de « Racontage de life »
Je vais me servir un mojito tiens….

4 Commentaires

  1. Cathy

    Article qui m’a fait chialé tiens ! surement parce que j’ai une histoire tout autant particulière avec ma famille ! ma famille a moi c’était ma Mamy et mon petit frère handicapé qui lui, n’a rien demandé! depuis , j ‘ai choisi l ‘apaisement et j ai ma mère au tel chaque semaine mais ca dure 3 minutes max et on ne s’est pas vu depuis 7 ans ! un pas impossible a faire encore aujourdhui mais j avance , je vis, je survis ….gros bisous ma Poule et plein de courage.Love

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    • Anonyme

      J’ai le coeur tout craqué par ton texte tellement vrai ! tu as su écrire tout ce que l’on pense et que l’on ressent. tu as prouvé par ta réunion de famille à quel point ton coeur est énorme, mais cela je le savais déjà. Je vous embrasse tous. Mème si je ne suis plus dans la famille, tous les bons et fréquents moments de bonheur sont gravés à jamais.Merci pour ton si beau texte. Edith

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    • tonton philippe

      Beaucoup d’émotions dans cette lecture
      des larmes aussi
      quel beau,portrait!
      merci françoise
      bises

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  2. Fleur

    « Nous » sommes beaucoup plus qu’on le le pense à avoir eu des histoires compliquées et douloureuses.
    On ne peut refaire l’histoire alors il faut apprendre à lâcher prise et profiter du meilleur de chaque jour.
    Ca prend parfois de longues années

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